• Cybèle Desarnauts

La relation à l'autre, entrer dans l'Art de l'écoute



L’écoute profonde est une des clefs de voûte des fondements du lien et de la relation.


Jongler entre cet équilibre d’écouter l’autre, tout en restant à l’écoute de ses propres besoins. Trouver cette justesse. La relation devient évolutive lorsqu’il y a cette capacité de communication où un NON peu être déposé et entendu de la part des deux protagonistes. C’est là qu'un dialogue se crée véritablement, que des espaces s’ouvrent pour que chacun puisse être pris en compte avec ses besoins, dans son entièreté et que l’on peut se déployer dans l’espace avec toute notre vulnérabilité.


Poser un NON tout en restant en lien.


Parfois, en posant un NON, pour être dans la justesse avec soi, il y a un risque que l’autre ne l’accepte pas, créant ainsi une rupture dans l’échange et dans le lien. Chacun se retrouvant figé dans ses croyances et vérités personnelles.


En se raidissant dans ces positionnements, surgit alors une forme de tyrannie de la relation qui ne fonctionnerait que si l’autre va dans le même sens. Est-ce vraiment cela auquel on aspire? Imposer notre vérité sans écouter réellement, imposer notre point de vue sans prendre en compte les besoins de l’autre? Dans de tels cas, la relation devient une forme de despotisme où l’un devrait se soumettre au souhait de l’autre en s’oubliant dans le processus. Une confrontation? Une guerre d’ego? Où est le soin et l’amour dans un fonctionnement tel que celui-là?


Comment faire lorsque les deux parties restent campées sur leurs positions, que rien ne bouge et que l’on ne voit aucune issue. Que le dialogue se rompt ou s’envenime? Il ne s’agit pas d’oublier ses besoins pour que la relation continue; car on se retrouverait dans un espace, où tout doucement, cette non-écoute de soi viendrait nous ronger, nous brûler et rejaillirait plus tard de manière plus virulente peut-être. Il ne s’agit pas non plus d’imposer ses besoins comme des exigences.

Pour qu’un réel dialogue prenne place, il faut que le NON soit entendu. Mais cela fait aussi partie du risque qu’il ne le soit pas.

Lorsque le NON n’est pas entendu, l’autre nous dit : « Je n’accepte la relation que si tu vas dans mon sens ». Mais parfois, il peut ne pas accepter ce NON, et ce n’est pas forcément par manque d’amour. Il est alors important d’entrer dans l’acceptation des limites de l’autre et de qui il est, avec son histoire, son incapacité à être dans la danse de la relation. Cela n’empêche pas que ce soit douloureux.


Accepter que l’autre puisse ne pas accepter, notre NON, notre limite, qu’il puisse ne pas désirer ouvrir une autre voie : celui de l’espace qui se crée à deux. Cette troisième voie que l’on propose de déployer dans un échange de nouveaux possibles.


Et là, c’est vraiment difficile. Laisser aller et faire face parfois à la perte, au vide, au silence que cela engendre.

Accepter que l’autre ne veuille pas entrer dans cette danse.

Entendre le NON de l’autre pour l’accueillir pleinement. Dans sa différence, avec ses opinions, ses désirs, ses fonctionnements et ses incapacités. Ce n’est ni moins bien, ni mieux, c’est juste différent. C’est accepter de lâcher le contrôle sur ce qui se passera, par projection, idéalisation, ego ou parce que l’on s’imagine savoir ce qui est mieux pour l’autre. C’est sortir d’un modèle de fonctionnement obsolète et autoritaire, qui oppose et divise afin de retrouver réellement le lien à l’autre, dans l’écoute de qui il est et de la connexion au coeur.

Qu’est-ce qui est vraiment d’essentiel dans la vie : NOTRE vérité ou la relation? Comment trouver cet équilibre dans la relation? Quels choix faisons-nous? Regardons autour de nous. Est ce que parfois on se campe sur nos positions car on veut à tout prix avoir raison, parce que l’on refuse d’accepter l’autre réellement pour qui il est ou parce que cela nous demanderait de nous remettre en cause?

Dans l’espace de la relation, une troisième voie est possible, celle de la danse.

Une DANSE DE LA RELATION qui prendrait en compte les besoins de l’un et de l’autre. C’est peut-être cela le chemin. Pas une voie de la domination, où l'un impose et l'autre suit, ni de la concession, où aucun des deux finalement ne trouverait son compte, mais une autre voie qui prendrait en compte les besoins de chacun. Un nouvel espace de possibles à ouvrir dans l’écoute, la présence et la reliance.


Installer la relation dans la durée implique d’accueillir l’autre totalement pour l’honorer dans sa différence et sa réalité. L’autoriser à être qui il est avec toutes les facettes de son être.

Affectueusement,

Cybèle

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