• Cybèle Desarnauts

Tomber amoureux de ce qui est


La vie et son panel d'expériences nous amènent à être toujours un peu plus en conscience avec ce qui se joue en nous (et nos émotions) pour retrouver cet espace d'écoute et de présence malgré l'impermanence des choses.

Un été, tout en ombres et lumières, pour me mettre un peu plus face à l’illusion de la séparation.

Parce-que par moment, on oublie tout cela.

Alors, la vie a sa manière joueuse de nous faire des piqûres de rappel.

Et là, c’est la plongée dans les profondeurs.

Contacter ces émotions qui bouillonnent, vibrent et se déchaînent. Sensation de déchirement, de désespoir, de tomber dans des abysses sans fin. Illusion de la perte, de la mort mais les émotions sont là, elles, bien réelles. Dans ce grand chaos intérieur, ces eaux tumultueuses, on se débat pour chercher une issue. Que faire face à toutes ces émotions qui émergent?

Ne pas chercher à les contrôler, les dépasser ou les transformer. Plonger dans ce vide, dans cette illusion du lien disparu, de ce que l'on pensait immuable, faire le deuil de certains rêves.

Accueillir ses émotions et se laisser traverser. Immersion totale… Oui, se laisser traverser malgré l'inconfort et l'insécurité. Se rendre disponible à l’émergence de ce qui est.

Avoir le courage d’aller dans sa vulnérabilité.

Nos émotions ne sont pas un problème, jamais. Elles nous montrent que nous sommes des êtres vivants et sensibles, touchés et blessés, et que là, dans cet instant, c’est un besoin d’être entendu, de réconfort et d’accueil qui est présent. Et si on commençait, en le faisant de soi à soi. Déjà cela.

Souvent, c’est dans cette présence à soi, face à cet abysse qui nous semble sans fin, que quelque chose émerge. Comme si tout à coup, on rentrait dans l’oeil du cyclone.

Dans cet espace de verticalité entre le ciel et la terre,

au coeur de ce chaos émotionnel,

un moment donné, quelque chose véritablement s’apaise.

Accepter toutes les émotions quelles qu’elles soient nous traverser : colère, tristesse, désespoir mais ne pas se raccrocher à l’étiquette négative que l’on colle, souvent à tord, sur l’émotion.

Sentir. Juste sentir. Revenir à son corps. Juste cela.

Derrière l’émotion, il y a un message, mais si on oubliait tout cela… Enlever les étiquettes et sentir que derrière l’émotion, il y a une énergie. Lâcher le mental et les histoires que l’on se raconte pour revenir au corps. Aux sens. A cette écoute sensible.

Si l’on sortait de cette dualité, négatif/positif, bon/mauvais et qu’on acceptait juste de se laisser traverser en sentant ce qui se joue vraiment. Si notre manière de percevoir les choses était à revoir.

Derrière l’émotion, sentir ce flux de vie.

Revenir en présence avec soi.

Retrouver la présence dans l'absence.

Derrière la colère, c’est peut-être comme quelque chose qui a envie d’exploser, une énergie qui demande à sortir pour crier : « J’existe! Je suis là! ». Une manière de pousser un grand OUI à la vie, comme un nouveau-né poussant son premier cri.

Et peut-être que derrière la tristesse, c’est quelque chose qui bouillonne de manière désordonnée qui recherche la fluidité, la tranquilité, qui demande à se laisser glisser. Et si derrière le désespoir et le manque, c’est cette sensation de coupure qui demande juste à se sentir en lien et connecté au monde, qui a tellement envie d’amour.

Chaque émotion détient une énergie de vie.

La difficulté émerge lorsque l’on s’identifie à elles ou lorsque l’on considère que certaines sont négatives, devraient être transformées ou ne devraient pas être là.

C’est comme si tout à coup, on reniait certaines parties de nous. En occultant et réprimant ces espaces intérieurs, en ne les laissant pas vivre, on dit à nos émotions : « Non, tu n’as pas le droit d’être là ». C’est comme si on demandait à un enfant qui est tombé et s’est blessé de ne pas pleurer. Quelle absurdité. Ça ne nous viendrait pas à l’esprit.

Et parfois, malgré nous, on se convainc que c’est la meilleure chose à faire. Pour être plus spirituel, plus lumineux, plus parfait ou parce que c’est trop confrontant? C’est sûr que cela nous demande de regarder là où l’on pas toujours envie de plonger et de laisser émerger des facettes de nous moins glorieuses pour notre ego. Toutes nos émotions sont ok, quelles qu’elles soient. Les juger, revient finalement toujours à renier une partie de soi qui nous entraînera dans une lutte intérieure.

La vie, c’est tout cela : pas la lumière versus l’ombre mais ombres & lumières. Nous accepter avec toutes nos facettes, toutes nos émotions, nos dualités et les embrasser sans s’identifier à elles. C’est en prenant cette voie d’acceptation totale que l’on recontacte l’unité. C’est pas toujours simple, ni confortable.

Cela nous demande de tomber amoureux de ce qui est.

Revenir dans le corps est souvent l’espace qui permet le plus facilement de contacter ce vivant en soi, cette magie de la vie malgré les expériences qui nous traversent à chaque battement de coeur. Si l’on revient en soi, au coeur de soi, dans cet espace où l’on prend soin, où l’on s’accueille en laissant vivre toutes ces parties de nous (comme des personnages parfois fantasques, flippants, voir extrêmes), tout doucement, un espace de non-jugement s’invite pour s’accueillir et s’aimer réellement tel que l’on est.


Prendre soin de soi avec tendresse.

Affectueusement,

Cybèle

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